Être laid en 2009

Suite à la lecture de l’article publié par David Desjardins sur son blog portant sur la laideur, ou plutôt sur ce que c’est que de vivre quand on est laid, j’ai eu une multitude de réflexions. J’ai eu envie de les développer un peu ici.

Allons-y par points :

- L’enfant laid versus l’enfant beau

Plusieurs études scientifiques ont démontré que les enfants beaux reçoivent plus d’affection et d’attention que les enfants laids. C’est certainement vrai, mais ce n’est pas nécessairement pour le meilleur. Là-dessus, j’invoquerai une théorie défendue par l’une de mes émissions préférées, South Park, qui sous des dehors de vulgarité offre l’une des critiques les plus intéressantes de la société actuelle. Dans l’un des épisodes, on avance la théorie suivante : les enfants beaux ont tendance à devenir des adultes vides qui n’accomplissent rien dans la vie parce qu’ils sont trop habitués à la facilité, tandis que les enfants laids doivent développer leur personnalité, leurs talents, leur intelligence pour plaire et en conséquent, ont au contraire tendance à devenir des adultes plus intéressants. J’affectionne cette théorie parce que je la vois confirmée chaque jour sur facebook : retrouvant des connaissances du secondaire dont j’avais perdu le contact, je constate que beaucoup de gars ou de filles jadis “cool” n’ont absolument rien accompli dans leur vie entre-temps. Ceci dit, je ne pense pas, contrairement à beaucoup, que quelqu’un de beau soit automatiquement vide et que quelqu’un de laid soit automatiquement brillant, généreux, etc. À mon avis, c’est un reste de croyance judéo-chrétienne que de s’imaginer que Dieu a nécessairement distribué les qualités équitablement entre tous. J’ai des amies de filles qui ont tout pour elles : elles sont belles, gentilles, drôles, intelligentes. Et l’inverse se vérifie aussi. Il faut donc faire attention de ne pas tomber dans les stéréotypes de la belle fille conne, qui ne nous avance pas tellement plus.

2 – 99% de gens ordinaires

Je crois en effet qu’outre 1 % de gens irrémédiablement laids ou irrémédiablement beaux, la vaste majorité de l’humanité est composée de gens ordinaires qui doivent travailler sur eux-mêmes, extérieurement et intérieurement, pour plaire. Bien que l’argument de la beauté intérieure semble être une insulte aux gens qui se considèrent laids, pourtant c’est un fait que ce qui fait la vraie beauté vient du charme, de l’intelligence, de la personnalité, de l’attitude. La beauté physique, ça frappe pendant un moment, mais ça nous laisse sur notre appétit. Je crois que les hommes sont plus chanceux à ce chapitre : les filles sont beaucoup plus sensibles qu’eux à d’autres qualités que l’apparence physique, comme le charme, l’humour, l’intelligence, l’argent ou le standing social. Il y a quelques semaines, j’ai rencontré un Américain complètement complexé par sa petite taille et qui se plaignait à tout vent que les filles ne s’intéressaient pas à lui autrement que comme un “ami” à cause de sa petite taille. La vérité était que je n’avais pas remarqué sa taille (qui n’était tout de même pas celle d’un nain!) avant qu’il en parle, et qu’il m’est devenu antipathique à partir du moment où il s’est mis à geindre sur son sort. Ce qui est séduisant chez un homme, c’est l’attitude, la confiance en soi, l’assurance. Ce n’est pas sa petite taille qui le rend inintéressant, mais le complexe qu’il a développé à ce sujet et qui le rend si peu sûr de lui. Comme je l’ai dit, je pense que les filles sont plus sensibles à ces choses-là que les hommes, qui sont, de façon générale, plus attirés par la beauté physique ; mais ça n’empêche pas que l’attitude et la confiance en soi sont aussi extrêmement attrayants chez une femme.

3 – Le paradoxe

Quand j’étais au secondaire, je me tenais avec une fille qui était ronde (ce n’est pas un euphémisme dire qu’elle était obèse : elle ne l’était pas, elle était seulement plus grosse que la moyenne). Elle avait développé sur son poids une amertume qui la rendait absolument désagréable à fréquenter : elle carburait à la jalousie et déversait constamment son fiel sur les filles belles et minces qu’elle haïssait simplement parce qu’elles étaient belles et minces. Elle jetait régulièrement son dévolu sur des beaux mecs et après se désolait qu’ils soient trop superficiels pour s’intéresser à elle. J’ai toujours fort apprécié ce paradoxe : des gens laids qui voudraient séduire de belles personnes et qui s’indignent ensuite de la superficialité desdites belles personnes qui les empêchent de s’intéresser à eux, alors qu’eux-mêmes font preuve de la même superficialité en s’intéressant en exclusivité auxdites belles personnes ! La superficialité n’est donc pas l’apanage des beaux, mais celle de la société au complet… Ou certains diront qu’il s’agit en fait d’un déterminisme génétique : on cherche tous à s’accoupler avec ceux qui ont les meilleurs gènes…

En conclusion, ma mère utilise régulièrement l’expression : “Chaque guenille trouve son torchon” et j’ai tendance à y croire. Pour peu qu’on apprenne à être bien dans sa peau, à soigner ses qualités, à développer une attitude de gagnant et qu’on arrête de faire une fixation sur la séduction des pétards de ce monde, je crois que tout le monde peut trouver une personne pour l’aimer et le rendre heureux. Ce n’est certainement pas aussi facile pour tout le monde, mais le travail intérieur nécessaire pour en arriver là est encore plus important que le résultat lui-même…

 

1 comment 1 novembre 2009

Le pouvoir de la musique

(Linda)

En partance pour Paris et le Valais (Suisse), j’ai ajouté mon iPod dans ma valise avec une intention bien précise: lier à jamais ma pièce préférée, le Nocturne de Chopin (surnommé ainsi car c’est son nocturne trademark, sans toutefois être le seul) à des beautés rencontrées en cours de route.

Avez-vous remarqué que certaines chansons nous font penser à des événements, des lieux, des personnes, parfois sans qu’on sache pourquoi?  J’ai pour ma part décidé de contrôler cet aspect de ma mémoire.  Quand je suis devant une vue extraordinaire, je lance ma musique.  Et ça marche!  Pour moi, ce nocturne, c’est maintenant:

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Le plafond de la basilique du Sacré-Coeur à Montmartre

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Cette vision digne du Jardin d’Éden, à l’extrémité des Gorges du Trient, à Vernayaz

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L’aiguille du Midi, sur le massif du Mont-Blanc, à 3842 mètres d’altitude

IMG_1453Et bien sûr, Chopin lui-même…

Et tout ce que j’ai à faire pour être là de nouveau… vous avez compris :-)

Je vous reviendrai sous peu avec un bilan de ce voyage Extraordinaire!  Prochaine étape: lobbying dans ma famille élargie pour un voyage de groupe à Rome et à travers la Sicile…

1 comment 4 octobre 2009

Aujourd’hui en Russie, j’ai découvert… le blocus de Léningrad

J’ai appris aujourd’hui qu’au court de la Seconde Guerre mondiale, débutée en 1941 en Russie et que les Russes appellent la « Grande Guerre patriotique », les Allemands ont fait un blocus de 900 jours sur Saint-Pétersbourg, alors appelé Léningrad. Le but des Allemands étaient de raser la ville, et ils ont en effet bombardé la majorité des bâtiments importants (la plupart des palais de l’époque impériale sont des reconstitutions). Pendant ce siège de 900 jours, les gens mourraient littéralement de faim dans la rue ; mon guide de voyage raconte que tous les animaux de compagnie ont été mangés, qu’on faisait bouillir les ceintures de cuir pour les manger, qu’on mangeait la tapisserie des murs, etc. Il y a même eu du cannibalisme. En tout, on estime qu’un million de gens sont morts, surtout de faim, pendant le blocus. Quand on sait que le nombre de victimes de la Deuxième Guerre mondiale aux États-Unis s’élève en tout à 700 000, on s’aperçoit que ce n’est en effet nullement comparable à ce qu’ont subi les Soviétiques pendant ce conflit. (21 millions de Soviétiques sont morts en seulement 4 ans de guerre).

1 comment 11 septembre 2009

À propos du Bhoutan…

Sachant que ma coblogueuse Linda, qui nous régalera sans doute bientôt de ses présentes aventures en France et en Suisse, a déjà pris la formelle décision de se marier dans ce pays (ce n’est pas à moi de spéculer sur ses raisons…;), je n’ai pu m’empêcher de penser à elle en lisant cet article sur le tourisme au Bhoutan. C’est franchement passionnant.

Pour faire un résumé:

Les bonnes nouvelles: le coût de la vie n’y est pas élevé ; on y parle beaucoup anglais ; ça a l’air vraiment particulier et intéressant.

Les mauvaises nouvelles: les billets d’avion coûtent très cher, ça prend un visa (peut-être plusieurs, dépendamment des transits effectués pour s’y rendre), les tours organisés coûtent un bras et demi.

Mais franchement Linda, ça semble être un choix fort intéressant! Ton instinct t’aura bien servie ! ;)

Add comment 1 septembre 2009

Les héros de Montréal-Nord

(Chouche)

En suivant les nouvelles des grandes manifestations organisées dans Montréal-Nord pour souligner le premier anniversaire du décès de Fredy Villanueva, j’étais perplexe.

Premièrement, je n’en sais pas plus à propos de ce que ces manifestants veulent. Je veux dire, ils semblent réclamer quelque chose à cris et à cors – mais quoi exactement ? – et dénoncer une terrible injustice – mais laquelle exactement ? Il y a des gangs de rue dans ce coin-là et, en conséquent, une lourde présence policière. Ça joue certainement dur, mais c’est de bonne guerre, non ? Qu’est-ce qu’il faudrait aux gens de Montréal-Nord pour faire leur bonheur? Moins de policiers pour “persécuter” leurs criminels ? Ou encore de policiers gentils qui jouent au hockey cosom avec leurs kids et font de la prévention contre le décrochage scolaire au lieu de faire leur job ? À ce que je sache, les policiers sont censés faire régner l’ordre public, pas être sympathiques. Des débordements, il y en a certainement eu, et la mort de Fredy Villanueva en est un très tragique. Mais pour ce que j’en sais, cette mort est un cas isolé et non un “fléau” contre lequel il faut lutter. Les policiers de Montréal ne font pas des descentes de nuit dans Montréal-Nord pour assassiner de jeunes délinquants en série. Ce qui me ramène à ma question initiale : que veulent les gens de Montréal-Nord avec toutes ces bruyantes manifestations ? Cela restera nébuleux, semble-t-il,  puisque personne ne veut collaborer lorsqu’un ministre décide de lancer une enquête. Gueuler de toutes ses forces que quelque chose cloche et refuser de participer à une solution (ou même à formuler exactement le problème), c’est tout simplement absurde et inutile.

Deuxième réflexion, qui est aussi un questionnement : à quel moment Fredy Villanueva est-il devenu un héros ? À voir son effigie partout et le nombre de personnes prêtes à se mobiliser pour sa mémoire, c’est sérieusement à se demander. C’est un peu triste quand on pense à tous ces soldats canadiens qui reviennent allongés dans un cercueil pour avoir soit-disant trop bien “protégé nos valeurs et notre liberté” et qui n’ont le droit qu’à deux lignes dans le journal. J’avoue que je ne comprends pas.

C’est ça le fin mot de l’histoire : je ne comprends pas. Peut-être simplement parce que la réalité de Montréal-Nord n’est pas ma réalité, et qu’en fille naïve ayant grandi dans le confort de la banlieue, je m’imagine candidement que les policiers ne s’en prennent qu’aux criminels. Que voulez-vous, je me suis toujours tenue à l’écart du trouble et les policiers n’ont jamais débarqué chez moi pour me harceler injustement. Mais en donnant le bénéfice du doute aux gens qui ont fait de la cause de Fredy Villanueva leur cause, je dis ceci : pour participer au changement, il faut cerner le problème, formuler des solutions et surtout collaborer avec le pouvoir et la justice pour faire changer les choses. Si vous n’êtes pas prêts à le faire, alors, ayez la dignité d’enfin vivre votre deuil en privé et arrêtez d’invoquer le nom de Fredy Villenueva pour justifier toute votre haine et toute votre colère. On vous écoute, ce serait le moment de parler!

1 comment 12 août 2009

Le bonheur est en Gaspésie

(Chouche)

Le plan avait germé dans l’esprit de Linda il y a quelques mois. Un road trip éclair en Gaspésie – cinq jours pour parcourir 1800 kilomètres et en voir le plus possible. J’avais aimé l’idée et j’avais suggéré d’inviter Caro, une amie toujours prête pour l’aventure et que je savais en vacances en juillet. Elle avait accepté avec enthousiasme. Nous avions préparé le voyage avec soin et réservé nos espaces de camping d’avance: les quatre arrêts prévus étaient Cap-Chat, Mont-Louis, Percé et Carleton.

Nous sommes donc partie à 6 heures du matin de Montréal le jeudi matin, droguées au café (pour Caro) et à l’excitation (pour nous trois), la petite Accent de Linda remplie à craquer de notre matériel de campeuses et de nourriture. Montréal, Montérégie, Capitale nationale, Chaudière-Appalache, Bas-Saint-Laurent et enfin, la Gaspésie! Il était environ seize heures lorsque nous avons atteint Cap-Chat, notre première destination. Quelques photos avec les fameuses éoliennes et déjà nous filions au camping, question de monter la tente (dont nous ignorions le fonctionnement) à la lumière du jour. Malgré notre inexpérience de princesses de ville, nous nous en sommes bien sorties. En soirée, petit feu de camp (ça, ça a été plus difficile…), Molson ex en canettes et froid de canard avant d’aller au lit pour une mauvaise nuit de sommeil.

La journée du vendredi était chargée: d’abord l’activité Arbres en Arbres à Cap Chat puis on traversait le parc de la Gaspésie, ou l’on voulait aussi fait un peu de randonnée. L’activité d’Arbres en Arbres est une sorte d’hébertisme aérien qui nous fait nous promener dans les airs à travers la forêt en suivant un circuit “aérien” d’un arbre à l’autre. C’est assez athlétique et ça donne quelques émotions fortes – gens souffrant de vertige s’abstenir! En ce qui me concerne, j’ai eu un sérieux moment de panique au milieu du dernier parcours ou j’ai eu besoin des encouragements des guides et de mes amies pour continuer! La dernière partie était une espèce de descente sur câble appelée la Tyrolienne pendant laquelle nous surplombions le fleuve: de toute beauté! Pour la randonnée à travers le Parc de la Gaspésie, nous avons opté pour la montée du mont Ernest-Laforce qui nous offrait un superbe panorama au sommet. Sur la route du retour, nous avons vu un orignal (consolation pour n’avoir pas vu de rorqual à Cap-Chat…) Ce soir-là, nous dormions à M0nt-Louis, une municipalité charmante qui nous a conquise dès le premier regard. Le camping était superbe (par opposition à celui de Cap-Chat). Nous avons décidé d’aller manger notre première bonne bouffe gaspésienne dans un sympathique restaurant de l’endroit, “La broue dans l’toupet”. J’ai dévoré un tartare de saumon fumé et un linguine aux fruits de mer en dégustant une bière locale. Pour la petite histoire, Daniel Boucher, qui réside à Mont-Louis, était dans le même restaurant (j’imagine qu’il n’y en a pas 50 à Mont-Louis…)

Après une nuit de sommeil réparatrice (l’épuisement après une journée d’activités physiques y était pour quelque chose), nous avons filé vers Percé avec halte à Gaspé. Sur le chemin, nous sommes arrêtées au phare de Cap-des-Rosiers, construit à cause des nombreux naufrages survenus dans la région. Ce beau phare surplombant une mer agité a servi entre autres à intercepter un sous-marin allemand durant la Deuxième Guerre mondiale. Ensuite, nous avons conduit jusqu’à Gaspé, que nous ne faisions que traverser et qui était sous la brume en cette journée pluvieuse. Gaspé est lovée dans le creux d’une baie et baignée de mer. Il y a une petite rue commerciale charmante ; c’est là que nous avons trouvé un adorable café ou nous avons dégusté thé, café et gâteaux. Retour sur la route vers Percé, le point culminant du voyage. La route entre Gaspé et Percé était sinueuse, contrairement à celle que nous avions fait jusque là, et des sections étaient noyées dans le brouillard, ce qui rendait l’expérience assez périlleuse. Pour la première fois de ma vie, j’ai eu un sérieux mal du transport. Nous sommes arrivées à Percé sur l’heure du souper. La ville était plongée dans le brouillard, si bien que nous pouvions à peine distinguer le Rocher à travers les brumes. Nous avons convenu de nous épargner le camping sous la pluie et de louer une chambre d’hôtel, ce qui fut l’une des meilleures décisions prises dans le voyage. Nous étions décidées à manger du homard ce soir-là et c’est donc dans un restaurant au bord de la mer appelé le Rouge Homard que nous avons décidé de souper. Caroline et moi nous sommes partagées un festin de deux homards et une bouteille de vin. Le homard était servi tiède avec une mayonnaise citronnée. C’était la première fois que je mangeais du homard froid et je dois dire que c’était très goûteux. Une fois la bouteille de vin bue, Caro et moi ne pouvions nous arrêter en si bon chemin. Nous avons acheté un rosé cheap au dépanneur et nous sommes saoulées dans la chambre d’hôtel pendant que Linda s’abandonnait aux bras de Morphée.

Après une bonne mais courte nuit de sommeil, nous nous sommes réveillées ravies d’être à Percé et de voir que la journée allait être ensoleillée. Le plan était de faire un tour de bateau autour du Rocher qui nous mènerait jusqu’à l’île Bonaventure, ou nous avions le plan de déboucher la bouteille de champgne que nous traînions depuis le début du voyage. Le bateau qui nous a amenées jusqu’à l’île (qui, d’ailleurs, s’appelait le Steve Martin – nous avions apprécié le gag) était petit et la mer était houleuse. Nous avons sillonné le Rocher puis l’île Bonaventure pendant une heure avant de nous y arrêter. C’était de toute beauté, mais au bout d’un demi-heure j’avais le mal de mer (ce que je ne savais pas que j’avais, d’ailleurs) et je me concentrais surtout sur l’objectif de ne pas vomir devant tous ces étrangers (l’humiliation!) J’étais très contente de mettre le pied sur la terre ferme et j’étais d’ailleurs la première du bateau à me précipiter sur le quai. L’île Bonaventure est verdoyante, perchée sur un roc ou les oiseaux s’en donnent à coeur joie. Nous avons pique-niqué au saumon fumé et au champagne sous un soleil radieux, avec vue sur le Rocher Percé: si ça, ce n’est pas le bonheur!  Nous avons passé deux heures environ sur l’île à visiter les maisonnettes de pêcheurs restaurées par la SÉPAQ à titre de musées et à nous prélasser au soleil. Le plan original était de repartir en fin d’après-midi en direction de Carleton, ou nous avions réservé un camping. Mais nous avions rencontré sur le bateau quatre jeunes voyageurs, deux Montréalais originaires du Maroc, une Québécoise et une Tchèque, qui nous avaient invité à prendre un verre à leur camping en nous promettant une vue exceptionnelle. Ils avaient raison: c’était tout en hauteur et la vue sur la ville et sur le Rocher était à couper le souffle. Séduites par l’idée d’un souper barbecue et d’un party, nous avons décidé de passer la nuit là, conscientes que cela impliquait une très longue journée de route pour le lendemain. Ce fut une soirée charmante: nous avons mangé du saumon grillé sur le barbecue, fait un feu et but beaucoup d’alcool avec nos amis momentanés. Tout le monde s’est couché vers les 3 heures, à l’exception – naturellement – de Caro et de moi, plongées dans l’une de nos interminables discussions. Vers 4 h 30, le soleil a amorcé son lever sur la mer et sur le Rocher, et c’était si beau qu’il nous était impossible d’aller nous coucher. Nous sommes restées à contempler le paysage jusqu’à 5 heures 30 du matin et nous nous sommes alors couchées pour récupérer une heure ou deux de sommeil. Levées à 7 heures (pas le choix, nous avions presque 15 heures de route à faire pour regagner Montréal!), nous avons ramassé le campement et croulé dans la voiture pendant que Linda, fraîche comme une rose, nous a conduit jusqu’à Carleton en écoutant du Chopin. Nous avons fait une petite pause à Carleton, qui est une ville entourée de mer, toute bleue et blanche, avant de poursuivre notre route. Nous étions à Québec à 19 heures et à Montréal à 23 heures, fatiguées mais contentes de notre voyage qui, en tout et partout, ne nous avait pas coûté plus de 350 $ par personnes, incluant les expéditions et les repas de fruits de mer.

J’ai été étonnée d’être aussi charmée par les paysages de la Gaspésie et par les Gaspésiens – ceux que j’ai rencontrés étaient tous très gentils. La beauté de Percé, en particulier, m’a renversée. Cette visite en Gaspésie m’a réconfortée sur les trésors naturels que possède le Québec. Je nourris déjà le projet d’y retourner sur une plus longue période pour jouir sans stress des beautés de cette merveilleuse région.

Add comment 21 juillet 2009

La Russie m’envahit

(Chouche)

Les voyages en Russie viennent avec une charge de stress considérable. La seule demande du visa, indispensable à tout séjour en Russie, peut vous rendre complètement dingue. Le problème est que ça prend une invitation officielle d’un organisme ou d’un particulier en Russie pour faire la demande du visa. Alors, si vous n’avez pas l’intention de rester dans un hôtel luxueux qui fournit ce service ou si vous ne connaissez pas de Russe vous aimant assez pour aller faire un pénible détour dans les méandres administratives de son pays pour vous obtenir ladite invitation, il vous reste la possibilité plus ou moins légale d’acheter votre invitation à une agence russe moyennant rétribution. Une fois que vous avez l’invitation (par le système normal, ça peut prendre six semaines ou plus), vous devez la présenter au consulat russe pour obtenir le visa, moyennant de nouvelles dépenses, des nouveaux délais… et de nouveaux airs bêtes russes. En ce qui me concerne, j’ai été confrontée un nouveau problème: j’avais déjà acheté mon billet d’avion prévoyant un séjour de 35 jours lorsque j’ai appris que les visas touristiques ne couvraient que des séjours de 30 jours et moins. Pour faire une histoire courte, après avoir consulté tous ceux qui pouvaient me conseiller et après quelques nuits d’angoisse, j’ai opté pour la solution de m’adresser à un agence de voyage montréalaise qui, moyennant 300 $, s’occupait et de l’invitation, et du visa. Dispendieux, mais je ne regrette pas (en tout cas, pas encore !) d’avoir réglé ce problème.

En sortant de l’agence de voyage qui m’avait extorqué 300 $, j’avais pourtant le coeur léger. Enfin, je peux partir en Russie ! Je décide d’aller faire un peu de magasinage pour célébrer la chose, les écouteurs de mon I-pod sur les oreilles. Deux filles attirent mon attention entre deux allées du Simon’s, sans raison particulière. Entre deux chansons, je surprends leur conversation en russe. J’apprécie la coïncidence de croiser des Russes à la sortie de l’agence de voyage qui a rendu mon voyage en Russie possible et je termine mon magasinage avec bonne humeur. Retournant chez moi, toujours avec les écouteurs sur les oreilles, mon regard tombe sur une mère assez jeune avec son petit garçon d’environ six ans. Je les remarque parce que je trouve au petit garçon une petite tronche sympathique. En sortant du métro, par hasard à la même station qu’eux, je baisse la musique et j’entends le petit piquer une sainte colère à sa mère… en russe ! Je n’en reviens tout simplement pas. Après être passée chez moi me laver, me changer et me préparer pour mon souper avec ma belle-famille, je retourne au centre-ville. Attendant pour traverser à une lumière sur la rue Sainte-Catherine particulièrement achanlandée en ce beau vendredi soir ensoleillé, je réfléchis au fait que j’ai rencontré par hasard un nombre hallucinant de Russes ce jour-là lorsque la voix d’un gars se détache du brouhaha de la foule… Il parle au cellulaire, en russe ! Si ce n’est pas le KGB qui se prépare à envahir le Canada en précédant son attaque d’une infiltration par des centaines d’agents secrets russes, alors, c’est mon aura qui est attiré par le champ magnétique russe en ce moment !
Bon, je ne suis pas certaine que ce soit une histoire palpitante (en tout cas lorsque je l’ai rencontrée à mon chum il n’a pas paru plus impressionné que nécessaire), mais j’avais envie de crier ma joie : je repars en Russie dans quelques semaines ! Hourra !

Dans un autre post, je vous raconterai ma fin de semaine avec ma belle-famille et l’angoisse complètement irrationnelle que la perspective de ces deux jours avec eux avait fait naître en moi… Ou encore voyage en Gaspésie qui aura lieu de jeudi à lundi prochain… En tout cas, je promets d’écrire avec plus de régularité ! :)

2 comments 12 juillet 2009

Des nouvelles d’Alexei et de Sergei

(Chouche)

Deux grosses nouvelles dans le domaine de mes grands amours russes. D’abord Sergei Fedorov quitte la LNH pour se joindre à la Ligue Continentale Russe. À trente-neuf ans, c’est le désir de jouer avec son petit frère Fedor qui l’a emporté dans sa décision. Le salaire a dû y jouer: un bon 4 millions de dollars, ce qui était probablement plus que ce qu’il aurait pu espérer dans la LNH. Résultat: c’est à Magnitogorsk, ville sibérienne qui va définitivement le changer de Detroit, Columbus, Washington et surtout Anaheim, qu’il jouera l’an prochain. Ça me prive définitivement du bonheur de le voir jouer contre le Canadien, mais sait-on jamais, peut-être aurais-je l’occasion de le voir jouer en Russie pendant mon voyage! Il est permis de rêver!

Parlant de Sergei, j’ai trouvé un court reportage assez sympathique sur sa défection:

Autre nouvelle: il semblerait que Bob Gainey, ce despote non éclairé, a déjà pété son plafond salarial en engageant une armée de gnomes pour la saison prochaine. Ainsi, ça a l’air qu’Alexei Kovalev ne sera pas resigné pour la prochaine saison. Bon, que Sergei me quitte à son âge vénérable, ça, je m’y attendais; j’ai d’ailleurs stocké les souvenirs depuis quelques années en prévision de ce moment difficile. Mais Alexei ! Je suis sans mot… Si vous me cherchez, je suis couchée en position foetale dans la salle de bain…

1 comment 1 juillet 2009

Michael Jackson et le bénéfice du doute

(Chouche)

Le Roi de la Pop nous a pris par surprise, une fois de plus – une dernière fois. Sa mort inattendue le 25 juin dernier a rallumé de vieilles flammes. Ses fans, plus nombreux que ce qu’on aurait pu croire après la dernière décennie difficile du chanteur, ont fortement manifesté leur chagrin. Et ses détracteurs, surfant sur les thèmes habituels de pédophilie et de chirurgie plastique et reprenant allègrement les mêmes plaisanteries faciles et grossières associées à son nom, s’en sont également donné à coeur joie. Tableau pathétique et franchement dénué de classe, si vous me demandez mon avis.

Je n’ai jamais été une grande fan de Michael Jackson, pour la simple et bonne raison que je suis trop jeune pour l’avoir connu au sommet de sa gloire. Thriller, c’était en 1982 et je suis née deux ans plus tard. Dans ma tendre enfance, je me rappelle qu’il était très populaire et que mon père avait plusieurs de ses albums sur vinyles, mais c’est tout. J’ai redécouvert ses grands succès, les Billie Jean, Beat it et Smooth Criminal (qui sont mes trois titres préférés de lui), au début des années 2000 alors que c’était à la mode de faire des partys sous le thème des années 80. Alors, pour moi comme pour la majorité des trente ans et moins, Michael Jackson n’était que cette star déchue qui vivait reclus dans son monde bizarroïde, le visage charcuté par les chirurgies esthétiques et soupçonné d’agressions sexuelles sur des mineurs. Je n’ai donc aucun attachement particulier ni au personnage, ni à sa carrière. Et pourtant aujourd’hui, je ressens beaucoup de pitié à son endroit.

Contrairement à la majorité de l’humanité, j’ai tendance à croire à son innocence dans le dossier des agressions sexuelles. Premièrement, d’un point de vue strictement judiciaire: est-il nécessaire de rappeler qu’il a été acquitté suite à un procès en bonne et dûe forme et ce dans le système de justice américain si prompt à la condamnation. Selon le beau principe qu’on est innocent jusqu’à preuve du contraire, ça fait de lui un homme innocent. Rien n’ayant été prouvé, toutes les allusions qu’on fait sur sa prétendue pédophilie ne sont que des calomnies. Deuxièmement, j’ai tendance à croire que son personnage de l’homme resté enfant est tout à fait crédible. Crédible, parce qu’il a été un enfant sans enfance dont le talent a été exploité par son entourage et qui était brutalisé par son père ; crédible aussi parce que ses excentricités comme son Neverland ont quelque chose d’extrêmement enfantin. Sa défense dans le dosseir des agressions sexuelles était absolument désarmante de candeur : il dormait avec des enfants parce qu’il était leur ami, point à la ligne. Cette fameuse entrevue ou il avouait trouver normal de dormir avec des enfants était si naïve, tout comme l’étonnement du chanteur lorsque les gens ont mal interprété cette allégation, qu’il est difficile de ne pas voir en lui quelqu’un de profondément déconnecté de la réalité, quelqu’un de profondément candide aussi.

Et imaginons, juste pour voir, que c’était vrai tout ça. Qu’il était innocent. Qu’il était vraiment cet homme enfant cherchant désespérément à remonter le temps, à créer autour de lui l’univers d’un enfant et à s’entourer de gamins. Qu’il était vraiment aussi naïf qu’il le paraissait. Qu’il ne comprenait vraiment pas comment les gens pouvaient avoir l’esprit aussi mal tourné pour imaginer à son sujet toutes ces grossièretés. Qu’en bout de ligne, il ne comprenait tout simplement un monde dans lequel il ne cadrait pas, dans lequel il n’était pas taillé pour survivre. Donc, imaginez qu’il était innocent et qu’il était vraiment cette good soul dont ses amis parlent avec émotion aujourd’hui. Et maintenant, prenez conscience de comment le monde a été dégueulasse avec lui et de combien sa vie a été triste.

C’est à cause de cette simple présomption d’innocence que j’éprouve de la pitié en pensant à lui. Après tout, il n’était qu’un homme et un homme très malheureux, comme ses bizarreries nous le laissent soupçonner. Je trouve très dommage que les gens, visiblement choqués et obnubilés par son nez retouché vingt fois, aient complètement perdu de vue son humanité et croient que ledit nez justifie toutes les calomnies, toutes les méchancetés. La charité chrétienne, une autre belle notion chrétienne jetée avec l’eau du bain !

Parce qu'il n'y a pas de mal à vouloir se souvenir des moments de gloire...

Parce qu'il n'y a pas de mal à vouloir se souvenir des moments de gloire...

Add comment 28 juin 2009

Peut-on chanter en anglais à la Saint-Jean-Baptiste?

(Chouche)

Tollé planétaire parce qu’un groupe anglophone de Montréal a été exclus d’un spectacle alternatif de la Saint-Jean ou il avait été préalablement invité. Ça a l’air que le commanditaire de l’événement a jugé qu’on ne pouvait pas chanter en anglais à la Saint-Jean, ou plutôt a estimé que ça resterait au travers de la gorge des Québécois. Mais comme les Québécois sont justement les plus durs et les plus cyniques à l’endroit des Québécois, les critiques qu’on peut s’imaginer fusent : ô comme c’est sectaire, ô comme c’est raciste, pourquoi ça ne choque pas qu’on chante en créole à la Saint-Jean mais ça choque qu’on chante en anglais?, les Québécois anglais ne sont-ils pas des Québécois à part entière et ne peuvent-ils donc pas prendre part à la célébration nationale?

C’est comme ça, au Québec. Il faut s’excuser d’avoir envie de célébrer notre identité francophone et notre fierté de parler français. S’auto proclamer racistes et arriérés, pour aussitôt s’excuser d’exister et se faire tout petit dans ses pompes. Ça a l’air que c’est ça, le syndrome du colonisé.

Je suis d’accord avec l’argument que la fête nationale a été complètement monopolisée par les souverainistes et qu’en définitive, on peut bien vouloir fêter le Québec sans rêver de séparation. Ça, ça me va. C’est tout le reste qui ne colle pas. Comme l’argument grossier qu’on tolère bien les chants en huron, par exemple, à la Saint-Jean, et que c’est donc vraiment injuste de ne pas tolérer l’anglais. C’est de l’hypocrisie complète de comparer l’anglais à n’importe quelle autre langue parlée au Québec. C’est nier le statut tout à fait particulier de l’anglais au Québec – langue du conquérant au départ, du dominant pendant longtemps, et maintenant langue qui gagne du terrain et qui menace. Mais nier les tensions entre Anglos et Francos, n’est-ce pas sur ce principe même qu’a été construite la Fédération canadienne !

La réalité est que l’anglais est la langue qui domine et qu’elle représente pour les Québécois francophones une menace, tant dans la mémoire collective et que dans les faits réels. Et pourtant, on se fait encore traiter de paranoïaques et d’intégristes parce qu’on se soucie du sort de notre français. Et de racistes et de sectaires parce qu’on veut le fêter. Le président Sarkozy peut bien déclarer que les politiques nationalistes du Québec sont sectaires, lui qui est le président d’un pays à majorité francophone, un pays qui n’a jamais eu à défendre sa langue ni son existence, un pays ou personne ne ressent le besoin de s’excuser de ne pas pouvoir (ou de ne pas vouloir!) parler anglais ! Personne n’a le droit de tourner au ridicule le sentiment collectif des Québécois par rapport à leur langue. Pas mêmes les Québécois eux-mêmes, ceux qui se trouvent tellement évolués, tellement au-dessus de tout ça et qui se permettent de mépriser ceux qui se battent pour défendre le fait français au Québec. Ce sont probablement les plus néfastes de tous.

Le fait de vouloir exister comme peuple n’est pas du racisme. Le fait de s’affirmer comme nation francophone ne fait pas de nous des gens qui rejettont les minorités culturelles. Il faut arrêter de se laisser intimider et d’avaler passivement que les Canadiens anglais représentent la panacée de l’amour sur terre tandis que nous ne sommes que des Nazis en puissance, prêts à jeter toutes les non-pure-laine dans un four crématoire si l’occasion se présente.  Tant que les Québécois se tairont sous l’intimidation, ses opposants l’utiliseront. C’est aussi simple que ça.

5 comments 14 juin 2009

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