La grève à l’UQAM

12 avril 2009

Cinquième semaine de grève à l’UQAM, et toujours pas l’ombre d’une résolution de conflit à l’horizon. Je constate que si par un coup de théâtre inattendu la grève prenait fin cette semaine, il ne me resterait tout de même que moins de trois semaines à la session. J’ai beau appuyer sans mesure les revendications des profs, reste que je m’ennuie ferme et que je commence à éprouver du dégoût pour tout ce temps perdu.

Les deux premières semaines ont été assez faciles à occuper en rattrapage scolaire: quand on est étudiant, on a toujours une pile de lectures en retard. Puis, ayant terminé le rattrapage, et constatant que la crise s’éternise et qu’en conséquent le plan de cours va devoir être considérablement modifié, on ne sait plus quoi faire pour rentabiliser notre temps. Commencer un travail pour lequel on n’a pas vraiment reçu de consignes et qu’on n’est même pas sûrs qu’on va devoir remettre finalement ? Faire des lectures alors qu’il semble de plus en plus improbable qu’on aura le temps d’en faire l’étude en classe ? Étudiante de maîtrise, je peux encore essayer de prendre l’avance sur mon mémoire, mais à part des lectures générales, que faire ? Mon sujet attend d’être approuvé (ça prend la signature d’un prof et ils sont en grève!) et tant que ce n’est pas fait, difficile de savoir sur quoi s’enligner. Rencontrer mon directeur ou un autre prof pour élaborer une stratégie de recherche, qu’on n’y pense pas. Alors, qu’est-ce qu’on fait ?

Réponse : on s’occupe comme on peut.

Prenez exemple sur moi : j’ai donné un gros coup dans mes études de russe, car mes deux petites heures hebdomadaires de cours privés sont devenus le centre de ma vie. Je me suis initiée à la cuisine indienne : cinquante dollars d’épices et une dizaine des recettes plus tard, dont plusieurs furent de cuisants échecs, je me suis lassée du cari et j’ai passé à la cuisine marocaine, symbolisée par l’achat d’une splendide tajine. Quittant le domaine alimentaire, je me suis décidée à pallier à mon manque flagrant de culture en littérature en m’attaquant à des classiques: des nouvelles de Tolstoï et de Pouchkine, le Candide de Voltaire et, mon défi : Guerre et Paix de Tolstoï. (J’en suis à la moitié du premier tome, donc au quart du livre, et toujours aussi peu intéressée par l’histoire.) Anticipant de quelques mois, j’ai aussi commencé à planifier mon voyage de l’automne prochain: Russie en septembre, Chine en octobre et France en novembre! J’ai déjà magasiné les billets d’avion, lu une somme considérable d’informations sur la Chine (le seul de ces trois pays qui représente une nouveauté pour moi) et commencé à comparer diverses possibilités d’itinéraire. Dans un autre ordre d’idée, j’ai aussi voulu remédier à mon manque de connaissance de ma nouvelle ville pour aller faire quelques visites touristiques de Montréal : après avoir visité le musée des Beaux-Arts, je planifie maintenant d’aller rendre visite aux pingouins au Biodôme et d’aller voir la ville d’en haut de la tour penchée du Stade Olympique. C’est un début! Puis, vraiment à bout de ressources, j’ai commencé à laver mon appartement de fond en comble. Même le plancher à la brosse – totalement le genre de choses qu’on n’a jamais le temps de faire pendant une session d’université normale.

Néanmoins, on est à la semaine 5 et je suis tellement à bout d’inspiration pour tuer le temps que je pense sérieusement m’initier au grec ancien et commencer à traduire Homère pour occuper mes trop nombreux temps libres.

Alors avant que j’en sois réduite à cette extrémité… rendez-nous nos profs, s’il vous plaît!!

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3 Comments Add your own

  • 1. Jonathan Roy  |  13 avril 2009 at 11:42

    Bonjour,

    je trouve votre discours quelque peu égoïste. Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais dans votre texte vous parlez seulement de vous. Comme si un peu de temps libre vous faisait du mal, faites-moi pleurer. L’UQAM en grève parce que le corps professoral est veilleissant et il a besoin de renfort. Les professeurs qui sont a l’UQAM depuis des années veulent que l’UQAM reste forte et c’est ça qui leur tient a coeur. On est vraiment chanceux d’avoir une accessibilité à une université publique, et non pas seulement pour la classe bourgeoise. Ce n’est pas en sacrifiant 2 ou 3 cours de ma vie( parce qu’il faut mentionner que les cours donnés par les chargés de cours ne sont pas annulés) pour le bien de ce principe que je vais me morfondre.

    Comme si dans la vie il n’avait plus rien à faire… Qu’allez vous faire a votre retraite? vous emmerdez. Vous emmerdez comme vous le faites présentement. P.s ne le prenez pas personnel j’essaie juste de vous aidez a changer d’attitude. Merci bonne journée.

  • 2. blogueuses  |  13 avril 2009 at 22:09

    J’ai bien peur que vous n’ayiez pas compris qu’il s’agissait d’un billet humoristique à prendre au premier degré et non d’une prise de position sur la grève. Comme vous l’avez peut-être remarqué, j’ai pris la peine de mentionner au début de mon billet que j’appuie sans mesure la grève des professeurs et c’est effectivement le cas. Je suis étudiante de deuxième cycle et je souhaite faire carrière dans l’enseignement supérieur, alors vous comprendrez que l’éducation est l’une de mes valeurs fondamentales et que je respecte complètement le travail des professeurs. D’ailleurs, sachez que j’ai choisi l’UQAM spécialement pour ses valeurs et en étant bien informée du haut risque de grève qui vient avec elles.
    Ceci dit, sans doute ignorez-vous que les étudiants des cycles supérieurs n’ont pas de cours donnés par des chargés de cours et que tous les directeurs de thèse ou de mémoire sont des professeurs. Donc pour nous, ce n’est pas “3 ou 4 cours annulés” mais bien toute notre formation qui est suspendue. En terme de durée, c’est 1/4 de notre scolarité de maîtrise que nous perdons; et en terme académique, encore plus, puisque les objectifs de cette session ne seront pas atteints.
    Je soutiens tout à fait la grève et je partage la vision d’avenir que les professeurs de l’UQAM ont pour l’éducation universitaire. Ça ne m’empêche pas de déplorer d’être en train de perdre une session académique dans laquelle j’ai investi temps et argent. C’est que, voyez-vous, je valorise assez l’éducation pour regretter celle que je ne suis pas en train d’avoir. Les étudiants qui déplorent leur perte de temps, d’argent ou de matière académique dans cette grève sont peut-être moins héroïques que ceux qui “sacrifient” de bon coeur leur session pour le bien de l’Éducation, mais peut-être que cet “égoïsme”, ainsi que vous le qualifiez, cache en fait une passion pour l’éducation qui n’est ni abstraite, ni idéologique, mais concrète et vécue au quotidien dans les salles de classe de l’université.
    Oh, et merci de vous souciez de l’emploi du temps de ma retraite. Si tout va bien, j’espère avoir encore l’énergie, à ce moment-là, de continuer à étudier…

  • 3. Jonathan Roy  |  15 avril 2009 at 22:07

    D’accord,

    Pour le sens de l’humour, a moins que je ne l’aille vraiment pas…je l’ai pas vraiment pas saisi LOL, mais c’est bon aussi non. Votre position est plus claire et je la respecte. Espérons que les professeurs parviendrons a gagner leur cause. Fini pour moi les études a la retraite…haha je vais aller visiter notre grand nord québécois et ses vaste étendues de merveilles avant que notre sacré ”Charest” power détruise toute nos rivières et qu’on soye rendu trop vieux!
    bonne grève.

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